
Peut-être sourcilleras-tu en lisant ce titre et qu’il t’aura attiré ici, dans ma toile. Peut-être même que quelques larmes oseront s’immiscer sous tes paupières de poupée fragile. Mais je te devine le dos droit, prête à recevoir une gifle de mes mots. Alors je me lance :
Te rappelles-tu de m’avoir lancé, il y a de cela près de deux ans, cette phrase assassine : « Où seras-tu dans un an? » moi qui était en voie de découvrir ce que j’étais vraiment, dans cette recherche de soi que toi tu as su trouver auprès d’autres oreilles et même d’autres bras. Ces oreilles ont acquiescé et tes yeux se sont fermés sur cette ombre que j’étais à tes yeux devenu pour trouver la lumière sur une autre plage où des vagues viennent tout de même toujours tout secouer.
Et me voilà, toujours vivant. Où en suis-je vraiment? Je suis ici. C’est déjà beaucoup. Je suis vivant, ce qui est encore mieux. Pour le reste, tu es sûrement là où tu te voyais, toi, heureuse et tout, n'est-ce pas? Moi, je suis là où je désirais être avec encore quelques autres attentes, d’autres défis à relever, d’autres lendemains à apprécier. Que demander de plus?
Je voulais seulement te remercier, comme ça, bêtement, de m’avoir aiguillé là où mes mots seront désormais lus par des milliers de yeux étrangers (peut-être). Comme si, par une soirée en famille, j’avais ouvert un biscuit chinois et découvert que ces mots étaient soudainement les miens, qu’ils danseraient juste pour moi aux yeux de tous. J’en suis là, chère ombre qui s’étiole. Tu es entrée dans l’oubli, cette petite zone de moi dans laquelle je relègue de piètres souvenirs recouverts d’aigreur et d’amertume. Je les laisse s’empoussiérer et, bien que quelques fois un léger vent de nostalgie en soulève quelques grains, je poursuis mon petit bonhomme de chemin. Et pourtant, me voilà encore qui te fais signe, timidement.
Tu vois, j’en suis rendu là. Et merci tout de même, petit papillon. Et, jet'en prie, reste dans tes ombres. Je profite de ma lumière.
N.B. La revue Biscuit Chinois publie ma nouvelle intitulée "Le compte est bon" sous la thématique des "Pilules" (#5). Procurez-vous cette revue chez Renaud-Bray ou l'une des librairies affichées sur le site de BiscuitChinois.com
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