
Je suis un type toujours occupé. Entre le travail et les loisirs, je n'ai pas souvent le temps de déguster une barre Mars (cf. célèbre pub de la dite barre de chocolat). Souvent, je me réveille aux petites heures du matin, un brin angoissé par la pile de chose que je devrais faire (notez que je n'ai pas écrit 'dois', qui est l'ennemi de la gestion du temps) et les choses que j'aimerais faire. On a tous des rêves, des ambitions, des fantasmes à réaliser. je pourrais en faire liste ci-bas et la mienne serait trop longue pour soutenir votre lecture jusqu'au bout. Disons que j'aime autant peindre qu'écrire. Que j'aime autant faire des sites web avec du code complexe que développer des programmes avec des liens vers d'autres applications. J'ai l'embarras du choix et souvent, ô combien trop souvent, je m'embarque dans une galère trop petite pour mes ambitions.
Prenez ces derniers mois: je travaille à temps plein à titre de consultant dans une grande compagnie internationale. Mon mandat spécifiait 2 projets pour trois mois, et me voilà chargé d'un autre, visiblement plus grand que les deux autres qui ne sont pas encore vraiment démarrés - pour toutes sortes de raison hors de mon contrôle - après 7 mois de travail. J'ai encore d'autres mandats à l'extérieur de celui-ci, qui occupent certains de mes midis et quelques soirées.
J'ai également toujours ce désir et le plaisir d'écrire une histoire par jour, quand j'ai le temps, entre deux projets. L'inspiration est toujours au rendez-vous quoi que je doive parfois secouer le bassin de mes idées pour y tirer quelque chose d'assez inspirant. Et c'est sans compter mon cours par correspondance avec l'Institute of Children Literature (lecture, écriture, corrections... en anglais!).
Je me suis remis à peindre: je n'ai pas le choix car je me suis engagé dans une exposition à 7 qui aura lieu en novembre-décembre prochain. Mon chevalet est là, témoin des oeuvres en devenir qui s'y succèdent à un rythme fou. Je viens tout juste d'apprendre que 2 de mes oeuvres seront présentées chez Ogilvy à Montréal pour l'exposition nationale de la PSEC, au début de novembre. Là aussi, j'ai mis les bouchées doubles pour terminer une des deux oeuvres que j'ai proposées.
Mais, des fois, je me demande où je trouve le temps de respirer, vraiment profondement. Ce n'est pas un stress maladif ou très dangereux, que de ce retrouver devant le choix de peindre, de programmer ou même d'aller travailler.
Mais là, je suis devant un dilemne: l'an dernier, à pareille date, mon petit monde confortable s'écroulait. Le seul réconfort que j'ai pu trouvé (et qui fut ma thérapie) constituait en l'écriture d'un roman de 50,000 mots en 30 jours, durant tout le mois de novembre (cf. www.nanowrimo.org). Je m'étais expressément mis cette pression pour ne pas avoir à faire face au drame de ce malheureux échec de ma vie amoureuse. J'ai pondu un roman noir, plutôt bleu en fait) dans lequel je réglais mes comptes avec le monstre qui partagea ma vie pendant trop de temps, bouffant ma joie de vivre, ma tendresse, ma sensibilité quand le gazon du voisin lui sembla mieux entretenu que le mien.
Bref, cette année, je ne suis plus dans le ravin, blessé, torturé par l'envie de fuir cette vie de merde qui m'étouffait, mais bien de retour sur le chemin, la tête haute, et le coeur à la découverte de nouveaux horizons. J'ai encore des crottes sur le coeur mais je m'en décharge avec des coups de phrases assassines assénées ici et là dans mes textes quotidiens.
Mais voilà que le défi se pose encore cette année: Écrire ou ne pas écrire un roman de 50,000 mots en 30 jours?
J'ai un copain français qui va peut-être tenter l'expérience parce que je l'ai talonné l'an dernier et invité cette année.
J'ai beaucoup de pain sur la planche et je ne veux surtout pas échapper une seule miette (gourmandise ou perfectionnisme?). Aurais-je de la place pour un trip(le) banana split intellectuel?
Et puis, j'ai repris goût à la peinture, les doigts m'en tremblent!
Je vais appeler Loto-Québec pour qu'on crée une loterie du temps: Gagnez le triple de votre temps en grattant le cadran. Qu'est-ce que ce serait jouissif d'avoir 72 heures au lieu de 24 dans une journée.
Je vous tiendrai au courant...