lundi, février 21, 2005

Prière de faire suivre

Hier, je regardais le gala des Jutra (j'essaie d'éviter de perdre mon temps à voir le monde se pavaner devant un micro en remerciant à qui mieux mieux n'importe qui, mais, bon, une fois n'est pas coutume...) et je me suis mis à réfléchir sur la cause du Tibet (encore un fois) à la suite de la remise du prix pour le meilleur documentaire (Ce qu'il reste de nous de François Prévost et Hugo Latulippe) où la jolie Kalsang Dolma a prié les fortuné(e)s que nous sommes de prendre action dans le drame qui brise le Tibet depuis plus de 50 ans.

On entend toujours ces discours d'une oreille affective mais nos bras restent croisés, les doigts beurrés de maïs soufflé tandis que notre tête fait un acquiescement de petit chien au cou en ressort. Du coin de l'oeil, j'ai vu ma tendre épouse joindre ses mains, les doigts légèrement écartés, les yeux mi-fermés et je me suis dit : et si tout le monde occidental (et oriental, tant qu'à y être!) se mettait à prier l'Univers, que ce soit Dieu, Bouddha, Allah, whatever, sans penser à leur REER, à leur implants mammaires ou à la saison de hockey qui est annulée, prier que tout ce cirque cesse là-bas, pendant deux petites minutes, est-ce que ça changerait quelque chose ? Je crois que oui. Et de cet acte gratuit, purement énergétique, hautement compassionnel, naîtrait une nouvelle forme de force extraordinaire qui ferait de notre quotidien un levier pour amener les hommes et les femmes de la planète à se tourner vers les vraies choses, l'amour du divin ! Imaginez un instant : Chaque jour, on pourrait, tous ensemble, faire une prière pour les Juifs, le lendemain pour les Palestiniens, le surlendemain pour les junkies de Montréal, puis plus tard, pour les Africains...

Ça peut paraître utopique mais quand on y pense, ce seul moment commun pourrait entraîner une prière plus longue, un moment prolongé de paix et de bonté et on cesserait, ne serait-ce que momentanément, de s'entretuer, d'empiler des fortunes au détriment des moins bien nantis. On s'occuperait sincèrement de l'environnement en brûlant nos véhicules sports utilitaires, en isolant mieux nos maisons, en recyclant tout ce qu'on peut, en écoutant notre coeur plutôt qu'Occupation Double ou Desperate Housewives. On aimerait notre belle face ridée et la peau naturelle de notre chéri(e). On respirerait par le nez, pas par notre compte de banque. Et peut-être même qu'un PDG (si-i-haut) déciderait de payer des études au petit Indien de Bombay au lieu de l'exploiter et engager sa mère ou son grand frère au même salaire qu'un employé de Shermag, comme ça tout le monde pourrait aller magasiner dans un Walmart bio-équitable et syndiqué.

J'ai décidé de partir le bal. Je prie, deux petites minutes par jour. Qui veut me suivre ?

Références: Ce qu'il reste de nous (http://www.onf.ca/cequilrestedenous/)

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