mercredi, février 09, 2005

Ici et Maintenant: Trouver le Juste Milieu

Je lis beaucoup sur le bouddhisme et une des notions de base (outre le fait que tout est souffrance et que rien n'est permanent) consiste à maîtriser le concept d'ici et maintenant.
J'ai réfléchi sur le sujet et je cherche toujours à mettre cette notion à l'oeuvre, ce qui n'est pas une mince tâche.

D'abord le concept : La plupart de nos maux (lire : souffrances) sont reliés à ce qui fait notre passé et ce que devrait être notre futur. Si hier je n'ai pas fait ceci ou cela et que je le planifie pour demain, je ne vis pas tout à fait mon présent. En théorie, si je n'ai rien fait hier (ou il y a vingt ans), je ne devrais pas m'en garder rancune. Évidemment, le fait de ne pas avoir fait cette chose a eu et aura probablement un impact sur mon futur. Par exemple, si je n'ai pas téléphoné à mon comptable pour l'informer d'un changement de statut de ma compagnie, il pourrait y avoir certains problèmes qui referont surface quand les bonzes du ministère du revenu s'amèneront avec leur loupe pour trouver une faille dans ma petite entreprise. C'est ce qu'on appelle le karma. Si je dis oui à une chose aujourd'hui, cette réponse aura définitivement un impact immédiat ou à moyen ou long terme.

Mais, si on revient au concept d'ici et maintenant, ce qui a été dit ou fait dans le passé ne peut être changé. Au mieux, je peux essayer de corriger le tir. Cette correction peut être faite demain (procrastination) mais plus on attend, plus on joue avec le stress de l'inconnu. Et le karma s'en nourrit. Donc, il ne reste que le présent, cet ici/maintenant qui passe comme un coup de vent. On peut le mesurer en milliardième de seconde (et je vous assure que si vous faites ça, vous aller virer fou en moins de deux) ou on peut le considérer comme une perpétuelle occasion de faire quelque chose. Surtout si on considère que le décompte de notre vie (qui a commencé avec notre première respiration) s'égraine toujours au même rythme et qu'on ne sait foutrement pas quand l'horloge va s'arrêter.

En ce sens, le bouddhisme invite le méditant à trouver le juste milieu, se défaire du passé qui encombre nos pensées, se délester des nombreuses complications que le futur nous réserve, pour faire place au moment présent, si précieux, et si futile pourtant. Car, dès qu'on a l'impression de l'avoir saisi, il nous échappe. C'est ce qui est, à mon avis, le secret de l'alchimiste en quête d'Éternité : le moment présent, c'est une poussière d'éternité insaisissable.

Je me frotte les mains en pensant que j'ai un travail énorme à accomplir ne serait-ce que pour en frôler l'expérience. Ensuite, il suffit d'en agrandir la portée, c'est-à-dire repousser ce passé qui est collé à notre fond de culotte et en faire de même avec le futur qui a la main tendue, prête à nous endetter davantage.

C'est à suivre...

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