mardi, septembre 13, 2005

Où est Chaton ?


Chaton est parti. Il a sorti ses griffes et là, sa maîtresse, elle lui a fait la gueule et l'a foutu à la porte.

Fini la chatte à nougat, fini la java soixante-neuvième à la Beethov. Chaton est terré en quelque part. Il est redevenu humain, ordinaire, réel. Le Prince Charmant est désormais l'Ogre Bête, le Vieux Laid, le poteau de secours sur lequel la bonne dame se glissera si le bonheur lui en dit, histoire de monter (ou descendre) au 5e ciel (les autres étages étant en rénovation - ou en attente de meilleur parti, qui sait!?)

Le planeur frôle les herbes sèches dans le pré désert. Plus personne ne fait la queue. C'est tout juste si l'épouvantail ne s'est pas mis à fumer de l'herbe juste pour voir si les étincelles de sa colère n'enflammeront pas son suicide interdit. On en est rendu aux soupirs longs comme une pause commercial au canal Info-Pub. Les regards de biais ne valent pas plus qu'un litre d'essence en 1985. C'est dire que le taux de change est pire. L'heure OH est décalée. La trotteuse a ralenti sous le pas alangui de la reine du foyer exilée dans ses bureaux où on la vampirise, petit à petit. Même Yogi ne fait plus de yoga. Il est retourné aux paniers de pique-nique en faisant des bouh-bouh dépressifs.

C'est bleu profond.

L'homme saoûl est moins que gris: il voit la vérité, ses stupides idées, ses mots qui ont fracassé le mur fragile que l'union sans force a transformé en farce. Je divague? Voyez l'écume des jours qui s'accroche aux arêtes pointues de mes jours à me morfondre sur ce NULL en boucle. Que celui qui n'a jamais pété respire le premier air. C'est dit comme ça, sans rétention, hennit à la jument sabotée.

jeudi, mars 17, 2005

Et pourquoi pas un autre blogue ?



Tant qu'à y être, plongeons, tête première, cerveau lent certes mais âme usée, toujours. Je reviens bientôt (tous les jours, espérons-le) car venir c'est aussi partir un peu.

Que dire d'aujourd'hui sinon qu'il fait soleil et que j'ai bien hâte de voir le printemps se pointer le bout du nez.

J'ai une idée pour un roman du genre 'historique/alternatif' mais je la garde pour moi. Il y a tant d'yeux par ici que le moindre pet pourrait être repris par un être sans scrupule et en faire de l'argent. Regardez Bill Gates... Anyway, je ne me mettrai pas à dénigrer les millionaires car j'ai bien d'autres chat(te)s à fouetter.

Je vous en reparle bientôt?

Tourlou donc.

Poète Poète de Chaton

lundi, février 28, 2005

Dehors, les enfants!

C'est la semaine de relâche qui débute et je ne peux m'empêcher d'imaginer les milliers d'enfants qui, ce matin, se réveilleront avec l'incommensurable joie d'être enfin libre de toute responsabilité estudiantine, de ne faire rien d'autre que d'en jouir.
J'imagine aussi facilement que la majorité d'entre eux se taperont de nombreuses heures à chater, à jouer au XBox ou PS2, à visionner des films en format DVD jusqu'à en avoir mal à la tête ou au dos.

Je ne suis pas le premier à me plaindre du relâchement de nos jeunes quand arrivent les vacances ou les congés prévus au calendrier scolaire. Je sais que certains parents de jeunes enfants prennent quelques jours de congés pour les traîner hors du salon ou de la salle familliale vers les pentes de ski ou les centres de glissade pour les faire prendre de l'air et je ne peux que les féliciter. D'autres, moins fortunés ou déjà convaincus que l'activité physique est une priorité pour mener une vie saine, poursuivent leurs activités para-scolaires en se présentant à leur pratique de soccer intérieur, de basket ou de hockey, ou en organisant, entre eux, des compétitions amicales.

Mais la réalité d'aujourd'hui est plutôt choquante : une majorité grandissante de jeunes préfèrent le confort de la manette pour muscler leurs pouces plutôt que de se fatiguer les mollets ou les triceps. L'Internet occupe désormais plus de 10 heures par semaine, nez à nez avec la télévision qui règnait en roi et maître depuis plus de vingt ans (et ce sondage, publié récemment dans La Presse, a été fait auprès d'adultes !) . Les forums de discussion et les chats (prononcer tchatt), sans compter les jeux en lignes, sont les chasses-gardées des jeunes amateurs de sensations fortes. Et les parents, plutôt content de ne pas les voir traîner les rues, les abonnent à la haute vitesse, installent des graveurs DVD pour copier le jeu du copain et voilà le travail.

Cette fin de semaine, mon fils de treize ans est venu passer quelques jours chez moi et nous avons été faire une bonne heure et demi de marche sur le Mont-Royal. Beaucoup de promeneurs en cette belle journée ensoleillée. De nombreux adultes, des familles avec des jeunes enfants et pratiquement pas d'adolescents. J'y ai vu des chiens, des pigeons, quelques chevaux et des écureuils. Des coureurs et des skieurs complétaient le tableau. Au retour, mon fils était visiblement fatigué mais ses joues rouges témoignaient de cette énergie nouvelle qu'il a absorbé en en dépassant tout autant.

Hier, nous avons sorti du matériel de bricolage et nous avons expérimenté en techniques de gravure. J'étais certain qu'il allait se fatiguer rapidement de gratouiller dans le styromousse et se faufiler devant sa game de Sims. Il a passé plus de deux heures à graver, imprimer, parler, rire et nous nous sentions bien, dans la cuisine ensoleillée.

Deux activités, l'une sportive, l'autre créative, presque gratuites mais ô combien enrichissantes, ont nourri notre rencontre et je crois qu'il a apprécié. De retour chez sa mère, j'ose espérer qu'il voudra encore goûter à l'exercice et la créativité pour bien vivre cette semaine.

Souhaitons que nos jeunes, petits et grands, prennent le temps de jouer dehors, de lire, de créer des petits chefs-d'oeuvre qui feront de leur vie une expérience bien plus valorisante que l'écran froid d'un téléviseur ou d'un ordinateur.

jeudi, février 24, 2005

Je suis l'Univers

Je prends le crayon (ou je tape sur les touches du clavier) et soudain, tout mon environnement se transforme. De cet être de chair, troublé, incertain, inévitablement mortel, naît un être intemporel, une force unique qui fait un tout avec le reste de l'univers. Je suis une particule de cette énergie qui se fusionne tout à coup à la multitude des âmes. Je suis l'univers. Je suis éternel.

La lumière dans laquelle je flotte est une eau purifiante, chaude, caressante. Elle me berce et pourtant m'entraîne aussi, plus rapidement que les jambes ou qu'un jet, vers l'irrémédiable seconde suivante. Tant que j'y demeure, mes doigts courent sur la surface du papier et je badigeonne mon histoire sur le blanc incrédule. Personne n'y croit, pour le moment, sauf moi, sauf ceux qui gravitent tout près de cette force à la fois centrifuge et exponentielle. Le temps n'a plus raison de mon âme. La lumière n'est pas artificielle et passagère. La douleur de mon sang, de mes veines s'estompe pour laisser place à l'éternité. L'univers est un tout, un grand vide rempli de la puissance de l'Être. Il ne me reste plus qu'à y planter mes graines, d'entretenir l'immense jardin. Cette terre quasi inexplorée, ce lieu divin sur lequel je pose le regard m'accueille sans jugement, sans expérience, sans curriculum. Elle me prend dans ses bras et me berce comme l'enfant naissant que je suis. Et pourtant, le corps et ses blessures qui, l'instant d'avant, témoignaient de mon existence sur cette terre se bat pour me ramener à cette réalité factice.

L'écrivain, nourri de lumière, revient entre ses murs et regarde ses doigts mouillés de larmes : son berceau est encore chaud et il y reviendra tantôt, demain et encore, pour toujours.

mercredi, février 23, 2005

Le Choix du Président

Le véritable luxe de la vie serait de pouvoir faire un jour ce que l'on aime vraiment, après, peut-être, l'argent suivra. C'est le propos du livre Do What You Love, The Money Will Follow1 dont on m'a dit le plus grand bien. Dans le cheminement que je suis en train de faire, c'est la grande question qui me targue, m'assaille, m'entreint, m'envahit de plus en plus.

Tout petit déjà, je tenais le crayon pour dessiner des petits bonhommes et dès que j'ai su écrire des lettres, je faisais miens des mots qui jaillissaient de mon cerveau en ébullition. Avec l'école secondaire et l'envie de faire un métier ou une profession, ces habitudes créatives ne m'ont jamais abandonné mais se sont faites plus discrètes, latentes. J'ai quand même étudié le graphisme et travaillé dans le domaine pendant une dizaine d'années jusqu'à ce que la vague informatique m'accroche au détour et que j'abandonne le feutre Pantone pour le micro-processeur Intel. Le dessin prit le chemin des boîtes de carton mais l'écriture, elle, revint à la charge, histoire de combler le vide.

Avec les ateliers auxquels j'ai participé, ceux que j'ai animés à mon tour et mes nombreux débuts de manuscrits (dont au moins trois sont terminés), je revins alors à ce qui me donnait le goût de vivre: l'écriture.

Or, me voilà chef de mon entreprise, face à des choix cruciaux pour mon avenir. Les factures, l'hypothèque, les dettes font une pression énorme sur le quotidien qui s'étire comme un vieil élastique éventé. Je suis à la pêche mais le poisson (je m'excuse auprès de mes éventuels clients mais je me dois d'associer le mot pêche à poisson car souris ou dragon ne s'y prêtent pas du tout) ne mord pas rapidement.

Grâce à ce livre, j'en suis à sérieusement considérer mes choix, et en assumer les conséquences. Et puis, en regard de ce passé qui me poursuit, je dois aussi avouer que j'ai à retrousser mes manches et me mettre à labourer et semer si je veux récolter quelque chose bientôt.
Le choix du Président sera donc celui de l'unanimité, du conseil d'administration et du comité des ressources humaines, donc de moi, de je et de tous les autres qui ne cessent de me crier en silence de faire ce move, c'est-à-dire l'écriture. Et comme dirait le jeune homme qui ne pense qu'à sa retraite dans une pub télé : «Bon, quand est-ce que je commence qu'on en finisse ?!2»

1 Do What You Love, The Money Will Follow, Marsha Sinetar, Dell Trade Paperback, 1987, ISBN 0-440-50160-1
2 Campagne REER télévisée de BMO Groupe Financier (2004-2005), Groupe Cossette

mardi, février 22, 2005

Être artiste

Dans le monde contemporain, on veut tous avoir une grosse télé, une retraite dorée, un char de l'année, un job steady, bref, l'avoir est de mise. Si tu n'as pas d'avoir, tu as quoi? Rien.

Celui ou celle qui décide d'être artiste choisira peut-être de n'avoir rien d'autre que ses oeuvres, son talent, sa passion et sa solitude. Et ces avoirs ne sont ni imposables, ni remboursables. Ils sont des avoirs purs en relation direct avec l'être, ce qui est bien contrastant avec ce qu'on nous bombarde dans les pubs de trente secondes.

Et pourtant, quand on gratte la surface de monsieur-madame tout le monde, on découvre ce désir d'être quelqu'un de plus bohème, de plus vrai que celui de faire la ligne devant le guichet automatique ou de singer les bons usages pour obtenir une promotion avec un compte de dépenses. Ils nous regardent avec envie, et souvent se targuent de connaître l'Artiste devant leurs amis qui grignotent des sushis.

L'ironie, c'est que l'art (et l'artiste) ne récoltera jamais ce que notre société encourage le plus. Je n'engrange rien quand je peins; je ne récolte pas de dividendes quand j'écris; je ne fais qu'être.

Mais, dites-moi donc, où est le mal? Être artiste devrait être une fièreté, un plaisir total sans les contraintes de la très sainte église de la Banque qui nous oblige à faire comme si alors qu'on ne veut certainement pas être comme cela. Que mes mots et mes couleurs me (et vous) nourrissent, voilà ma prière d'aujourd'hui.

lundi, février 21, 2005

Prière de faire suivre

Hier, je regardais le gala des Jutra (j'essaie d'éviter de perdre mon temps à voir le monde se pavaner devant un micro en remerciant à qui mieux mieux n'importe qui, mais, bon, une fois n'est pas coutume...) et je me suis mis à réfléchir sur la cause du Tibet (encore un fois) à la suite de la remise du prix pour le meilleur documentaire (Ce qu'il reste de nous de François Prévost et Hugo Latulippe) où la jolie Kalsang Dolma a prié les fortuné(e)s que nous sommes de prendre action dans le drame qui brise le Tibet depuis plus de 50 ans.

On entend toujours ces discours d'une oreille affective mais nos bras restent croisés, les doigts beurrés de maïs soufflé tandis que notre tête fait un acquiescement de petit chien au cou en ressort. Du coin de l'oeil, j'ai vu ma tendre épouse joindre ses mains, les doigts légèrement écartés, les yeux mi-fermés et je me suis dit : et si tout le monde occidental (et oriental, tant qu'à y être!) se mettait à prier l'Univers, que ce soit Dieu, Bouddha, Allah, whatever, sans penser à leur REER, à leur implants mammaires ou à la saison de hockey qui est annulée, prier que tout ce cirque cesse là-bas, pendant deux petites minutes, est-ce que ça changerait quelque chose ? Je crois que oui. Et de cet acte gratuit, purement énergétique, hautement compassionnel, naîtrait une nouvelle forme de force extraordinaire qui ferait de notre quotidien un levier pour amener les hommes et les femmes de la planète à se tourner vers les vraies choses, l'amour du divin ! Imaginez un instant : Chaque jour, on pourrait, tous ensemble, faire une prière pour les Juifs, le lendemain pour les Palestiniens, le surlendemain pour les junkies de Montréal, puis plus tard, pour les Africains...

Ça peut paraître utopique mais quand on y pense, ce seul moment commun pourrait entraîner une prière plus longue, un moment prolongé de paix et de bonté et on cesserait, ne serait-ce que momentanément, de s'entretuer, d'empiler des fortunes au détriment des moins bien nantis. On s'occuperait sincèrement de l'environnement en brûlant nos véhicules sports utilitaires, en isolant mieux nos maisons, en recyclant tout ce qu'on peut, en écoutant notre coeur plutôt qu'Occupation Double ou Desperate Housewives. On aimerait notre belle face ridée et la peau naturelle de notre chéri(e). On respirerait par le nez, pas par notre compte de banque. Et peut-être même qu'un PDG (si-i-haut) déciderait de payer des études au petit Indien de Bombay au lieu de l'exploiter et engager sa mère ou son grand frère au même salaire qu'un employé de Shermag, comme ça tout le monde pourrait aller magasiner dans un Walmart bio-équitable et syndiqué.

J'ai décidé de partir le bal. Je prie, deux petites minutes par jour. Qui veut me suivre ?

Références: Ce qu'il reste de nous (http://www.onf.ca/cequilrestedenous/)

mardi, février 15, 2005

Remettre à demain

Mon drame. Mon dead-end. Ma plaie incurable. Voilà. C'est dit. C'est connu. Et c'est aussi un fait indéniable : je vais soigner cela dès demain (ou la semaine prochaine).

Non, mais... Pensez-y un instant! C'est terrible. Des scientifiques (ou des linguistes) lui ont affublé le terme de 'procrastination'. Remettre au lendemain (ou à plus tard), c'est procrastiner.

Ça fait presque 30 ans que je me dis que demain sera meilleur. Je suis assis sur une roche pointue qui m'entaille la fesse gauche, l'index droit dans la narine gauche, et j'attends zen' sait quoi. Je respire, pourtant. Et je médite de plus en plus. Il y a une grosse lumière de 2 000 watt qui est à six centimètres de mon ego et qui me brûle les sens. C'est écrit karma en dix milliards de langues et moi j'attends que le pétard saute. Comme ça, quand j'aurai la face barbouillée, je pourrai me mettre à pleurnicher et je vais pouvoir me plaindre en masse de sorte que les ceusses qui m'aiment me disent que ce n'est qu'une mauvaise passe, que je suis beau-bon-fin-smarte voire génial et je me regonflerai, frotterai ma fesse irritée et me rassirai sur le pic rocheux en me disant que je vais enfin m'y mettre demain. Parce que là, il faut que je sèche mes larmettes, que je me refasse un ego, que je me moi-tise, que je regarde l'avenir avec ma lentille wide-angle, que je planifie le tout. Et puis, j'ai du ménage à faire dans ma paperasse, des appels urgents à faire (parce que je ne les ai pas fait hier) et tralalère.

Le bal du procrastiniste, c'est une perpétuelle raison de danser en rond sur n'importe quel pied pourvu que ça te laisse sur place. Tout le monde te regarde, s'attend à ce que tu te lances à tête baissée vers la porte de sortie ou vers les marches de ta glorification, mais toi, tu restes là, à toussoter, à inventorier les excuses qui font de toi un immobile, un immeuble avec comme seul étage le sous-sol coulé dans un béton encrassé.

Terrible maladie de con.

Je me devais de l'écrire. Du reste, peut-être que ça m'ouvrira les yeux. Je vais aller me faire un café. Après, je posterai ce blogue...

vendredi, février 11, 2005

Où suis-je

Un jour, quelqu'un demanda à Osho Rajneesh comment trouver Dieu. Il répondit par une question : "Vous êtes-vous donc déjà trouvé vous-même pour songer à présent à trouver Dieu ?"

Voilà qui est troublant. En fait, c'est la même réponse qui s'applique quand on se pose les questions suivantes :

Où sont mes clés ?
Où serais-je demain ?
Où est ma foi ?
Où se trouve le chemin pour aller au golf ?
Où est construite ma maison ?
etc.

Même le et caetera est troublant car il sous-entend la pléiade de questions futiles qu'on se pose alors qu'on ne sait même où on est soi-même en ce moment.

Je suis en train de lire Méditer, la voie de la perfection* qui est en fait une transcription d'une rencontre qui a eu lieu en 1964 en Inde avec Osho. Ce livre est déstabilisant, voire même décourageant. Tous ces concepts sont affreusement vrais et leur vérité est un vertige social qui me hante depuis toujours et continuera de me hanter longtemps après que j'en aurai complété la lecture.

En effet, si on prend ces mots (et qu'on les traduit en méditation pure et simple – car c'en est le but), on se retrouve assis sur un coussin à contempler l'ultime vérité, la grande illumination, le vide complet, le non-sens de nos vies à carte de crédit, à émission de télé, à téléphone cellulaire et à gras trans. On constate avec un certain effarement qu'on ignore tout simplement qui nous sommes vraiment, noyés dans la publicité, les habitudes, les acquis, la science, la religion, l'amour factice, les relations superficielles et les conversations en cul-de-sac. De quoi péter les plombs... Où suis-je, en effet ? Physiquement, je sais et je sens où je suis. Mentalement aussi, je dirais. Foncièrement, je suis nulle part. Devrais-je être en quelque part ? Ah, ah ! (s'écrierait le faux-pharmacien chauve) La résolution de ce mystère réside dans la méditation. Le vide, l'absolu absence de toute pensée, de tout objet de convoitise ou de désir crée ce lieu qui n'en est pas un au sens propre du terme. Mais, et j'insiste sur ce point, comment, moi, ce pauvre humain qui porte du nylon, qui se lave au détergent, qui bouffe une farine bio, qui lit des livres imprimés sur des fibres d'arbres qu'on a assassiné, qui écrit un blog anonyme sur le ouèbe, comment ce petit moi atrophié, mutilé par la pub, trompé par les autres êtres qui n'ont strictement rien à foutre avec la méditation et cette recherche de ce pseudo-Soi, comment donc puis-je m'épanouir pleinement et en profiter sans avoir à vendre ma maison, sacrifier mes petits (et quelques grands) bonheurs ? Ces grands penseurs, Bouddha et ses Rinpoche au visage souriant ont-ils une adresse courriel, un bol de riz gratuit parce qu'ils sont dans la Lumière ? Que puis-je faire de cette vérité quand je ne la trouverai pas... car c'est un peu ce qui arrivera, n'est-ce pas ?

Je méditerai là-dessus. En attendant, il faut que je travaille pour gagner à tout le moins, un bout de croûte et payer notre hypothèque.

Om...

*Lecture en cours: Méditation, La voie de la perfection, Osho Rajneesh, Éditions du Gange, 1997 (ISBN 2-911096-12-6)

jeudi, février 10, 2005

Les dents serrées

Vous est-il arrivé de réaliser, au beau milieu de la journée, que vos dents sont comme soudées les unes aux autres ? Et vous êtes-vous jamais questionné sur le pourquoi de cet étrange état ?
Voilà des années que je me surprends à découvrir ce réflexe sans pouvoir mettre la main sur la raison que ma bouche se retrouve crispée et tendue. Et quand je le réalise, quand je tente de vouloir relaxer cette partie de ma tête, je me retrouve à me concentrer intensément, histoire d'empêcher mes mandibules humaines de se serrer davantage les ivoires.

Ce n'est pas le stress. Je ne crois pas que je sois non plus en perpétuel état de crise de nerfs ou de colère. Je l'identifie plutôt à l'angoisse, à un certain malaise qui me fait aussi remonter les épaules, pencher par en avant et même serrer les poings. Donc, quand je prends conscience que mes dents jouent à bloquer ma parole, c'est aussi tout le reste de mon corps que je cherche à détendre.

Mais je n'ai trouvé que peu de raison à cet étrange état. Je me sens comme un chat prêt à bondir sur sa proie. Lors de mes séances de méditation, c'est la première chose que je décontracte, avant de penser à mes orteils ou à ma colonne vertébrale. Si j'oublie de relâcher mes crocs, le reste aura beau être en parfaite harmonie avec l'énergie environnante, ces sacrées maxillaires canalisent tout et m'empêchent de pouvoir profiter du moment.

Le fait d'en avoir pris conscience ne m'a pas bien avancé. On pourrait dire que cet élastique nerveux se tend du plus profond de mon être. Au moment de m'endormir, je sais très bien que tout ce fardeau de crispations s'étiole et me laisse couler dans les songes bienvenues de Morphée. Il en est de même après avoir piqué une bonne crise. Je devrais faire plus d'exercices. L'énergie qui bouillonne en moi doit hurler pour sortir, s'exp(l)oser au lieu de s'imp(l)oser. Encore l'équilibre qui revient sur la sellette.

Ça aussi, c'est à suivre, non?

mercredi, février 09, 2005

Ici et Maintenant: Trouver le Juste Milieu

Je lis beaucoup sur le bouddhisme et une des notions de base (outre le fait que tout est souffrance et que rien n'est permanent) consiste à maîtriser le concept d'ici et maintenant.
J'ai réfléchi sur le sujet et je cherche toujours à mettre cette notion à l'oeuvre, ce qui n'est pas une mince tâche.

D'abord le concept : La plupart de nos maux (lire : souffrances) sont reliés à ce qui fait notre passé et ce que devrait être notre futur. Si hier je n'ai pas fait ceci ou cela et que je le planifie pour demain, je ne vis pas tout à fait mon présent. En théorie, si je n'ai rien fait hier (ou il y a vingt ans), je ne devrais pas m'en garder rancune. Évidemment, le fait de ne pas avoir fait cette chose a eu et aura probablement un impact sur mon futur. Par exemple, si je n'ai pas téléphoné à mon comptable pour l'informer d'un changement de statut de ma compagnie, il pourrait y avoir certains problèmes qui referont surface quand les bonzes du ministère du revenu s'amèneront avec leur loupe pour trouver une faille dans ma petite entreprise. C'est ce qu'on appelle le karma. Si je dis oui à une chose aujourd'hui, cette réponse aura définitivement un impact immédiat ou à moyen ou long terme.

Mais, si on revient au concept d'ici et maintenant, ce qui a été dit ou fait dans le passé ne peut être changé. Au mieux, je peux essayer de corriger le tir. Cette correction peut être faite demain (procrastination) mais plus on attend, plus on joue avec le stress de l'inconnu. Et le karma s'en nourrit. Donc, il ne reste que le présent, cet ici/maintenant qui passe comme un coup de vent. On peut le mesurer en milliardième de seconde (et je vous assure que si vous faites ça, vous aller virer fou en moins de deux) ou on peut le considérer comme une perpétuelle occasion de faire quelque chose. Surtout si on considère que le décompte de notre vie (qui a commencé avec notre première respiration) s'égraine toujours au même rythme et qu'on ne sait foutrement pas quand l'horloge va s'arrêter.

En ce sens, le bouddhisme invite le méditant à trouver le juste milieu, se défaire du passé qui encombre nos pensées, se délester des nombreuses complications que le futur nous réserve, pour faire place au moment présent, si précieux, et si futile pourtant. Car, dès qu'on a l'impression de l'avoir saisi, il nous échappe. C'est ce qui est, à mon avis, le secret de l'alchimiste en quête d'Éternité : le moment présent, c'est une poussière d'éternité insaisissable.

Je me frotte les mains en pensant que j'ai un travail énorme à accomplir ne serait-ce que pour en frôler l'expérience. Ensuite, il suffit d'en agrandir la portée, c'est-à-dire repousser ce passé qui est collé à notre fond de culotte et en faire de même avec le futur qui a la main tendue, prête à nous endetter davantage.

C'est à suivre...

mardi, février 08, 2005

Le Courage d'Être

Il existe peu de mots pour exprimer le Courage d'Être alors que le plaisir de l'avoir s'étale au grand jour comme une grosse pub au Superbowl, avec la possibilité de payer dans deux ans sans intérêt.

Le Courage d'Être, c'est se replier en soi pour mieux exploser en dehors. C'est se fondre dans l'univers à partir de ses propres racines. Mais pour se faire, l'Être, le petit ego qui se pavane avec ses avoirs, doit semer la graine de sagesse au bon endroit et, le plus vite possible, mettre des grosses lunettes fumées qui filtrent le quotidien publicitaire qui est, à mon avis, plus sournois et plus dommageable que le plus fanatique des terroristes.

Le Courage d'Être, c'est aussi de pouvoir s'asseoir tranquillement devant ce petit tas de terre qui cache la semence et méditer sur son sort, espérer la voir émerger, vaccinée contre la bêtise des gens qui courent après leur queue, calculent méthodiquement le pourcentage de leurs biens éphémères et s'imaginent contrôler leur avenir. Le sage sera devant la matière vivante et verra naître le brin d'espoir à travers les grains de vie et laissera la lumière le nourrir.

Mais quelle force doit-on aller puiser au plus profond de soi pour y arriver ! Je ne suis qu'un humain, fait de chair, un avoir étroitement lié à cet être où se terre mon âme qui cherche toujours à s'accrocher au gypse des murs de mon labyrinthe. J'erre, l'air hagard, l'heure à la guerre, l'âme mal équarrie pour cette mission.

Les yeux grands ouverts, je tente un repli en moi, cherchant la lumière mais l'Hydro vient de m'envoyer la facture (avec une offre thermopompiste à paiements égaux que je ne peux, dit-on, refuser).

Demain, je trouverai peut-être le Courage d'Être...